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 scars Δ sébastien

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Sébastien Winchester
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scars Δ sébastien rédigé Mer 29 Avr - 1:04



paris (france) ; années 30


Tu n'as jamais su de quoi tu devais avoir le plus honte.
De ces marques perverses sur ta peau ou de cette étoile jaune cousue sur ton veston.

Dans ton petit quartier parisien, on te surnommait le « petit Sébastien », témoin de ta maigreur, ta fragilité et tes problèmes de croissance qui avaient valu moult rendez-vous chez le médecin en bas de la rue et des francs gaspillés dans des médicaments qui n'ont jamais vraiment fait effet. Le petit Sébastien avec son regard translucide dont la seule lueur qui s'en extirpait était aussi sombre que les cernes sous ses yeux. Jamais un sourire, jamais un mot, on remettait la faute sur une timidité enfantine, sur ta corpulence chétive et pathétique. On te surnommait « le petit Sébastien » parce qu'en dépit de ton mutisme, on te voyait souvent dehors à arpenter les petites épiceries et boulangeries avant de retourner jusqu'à ton appartement les bras plein de paquets. Tu faisais peine à voir avec tes bras fins comme des brandilles ; mais c'était toi le seul homme de la maison.
Dans les années trente, difficile d'imaginer une femme avec un enfant, sans mari. On avait accordé de nombreux sobriquets désobligeant à l'égard de Clara de Nivral. On la qualifiait de catin, de croqueuse d'homme et pourtant ; jamais un autre homme que toi n'avait franchi les portes de l'appartement. Et pour cause ;  tu lui suffisais.
Loin des amours entre mère et fils, loin des bonheurs familiaux ; tu n'étais là que l'objet d'une perversion, d'un vice, d'une interdiction : l'inceste.

Sébastien, soufflait-elle dans le creux de ton oreille à chaque fois que tu rentrais, où étais-tu ? Tu m'as tellement manqué. Elle te serrait dans ses bras, et comme à chaque fois : tu tremblais de peur et de dégoût. Tu avais commencé à découvrir l'horreur de votre relation à sept ans, ou plutôt devrait-on dire que tu t'es soudainement métamorphosé en satisfaction personnelle pour une femme qui n'avait plus que sa luxure pour être heureuse. Et doucement, elle laissait sa main couler le long de ton échine, agrippant ta chaire avec une hargne presque masculine et douloureuse, puis étouffait tes gémissements de souffrance dans des baisers langoureux et repoussants. Père, frères ou sœurs, tu es certain d'en avoir eu un jour. Un jour, peut-être dans un rêve, tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tu avais tout oublié de la notion de famille et tu tuais tes cauchemars en passant tes journées en te promenant dehors.
Tu ne pouvais pas aller à l'école ; tu avais peur des autres élèves et peut-être que ta mère avait elle-même inventé cette maladie pour que tu restes près d'elle le plus de temps possible, elle qui n'avait qu'une petite chapellerie dans un arrondissement voisin. Tu ne te sentais pas agoraphobe à l'époque, tout comme tu ne te sentais pas non plus à l'aise avec les autres garçons de ton âge. Mais ta mère était là avec ses grands mots, ses grandes craintes ; l'extérieur est dangereux.
Hier, j'ai lu au journal qu'un petit garçon avait étranglé son camarade.
Un professeur a été renvoyé pour avoir battu un élève.

Clara n'avait jamais été considérée comme une mauvaise personne : elle était soucieuse et aimante, peut-être souffrante pour oser abuser d'un enfant. Tu lui avais donné mille excuses pour expliquer ses gestes qu'elle avait par elle-même incrusté dans ton crâne comme un cancer : je t'ai mis au monde, pourquoi me repousses-tu ?
Tu ne peux pas comprendre la douleur que c'est que d'accoucher d'un enfant, ni même de l'élever seule.
On dit de toi que tu es un bâtard et moi je t'aime ! Moi je t'aime, et toi tu ne m'aimes pas !

Une culpabilité t'avait rongé de bout en bout, acceptant ce sort immonde en t'endormant chaque soir avec les beaux espoirs innocents : demain, tout ira mieux.

Mais demain, tout était pire.




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