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 everybody wants to rule the world △ swan

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Swan Kendall
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pouvoir : régénération cellulaire
admin - membre d'atlas
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everybody wants to rule the world △ swan rédigé Jeu 9 Avr - 14:35


SWAN KENDALL
——— attaque ———
★★★★★★★★★★



——— défense ———
★★★★★★★★★★



——— popularité ———
★★★★★★★★★



——— controle ———
★★★★★★★★★★
——————  may the bridges i burn light your way

KENDALL.
SWAN JAMES MAXWELL.
VINGT ET UN ANS.
29/10/1942.
AMERICAIN.
HETEROSEXUEL.
TRES MODESTE.


ATLAS ••• Tu es un simple membre du gang depuis deux semaines, dealer d'héroïne à temps partiel et consommateur prudent à tes heures perdues.


REGENERATION CELLULAIRE • Ce pouvoir, provoqué par l'Hydre, consiste à guérir toutes les éraflures, ecchymoses, et brûlures de façon presque instantanée. Les cicatrices s'effacent, les hématomes rétrécissent, les contusions s'estompent, la peau se reconstruit - et ce, totalement indépendamment de ta volonté. Cependant, une dose hebdomadaire est nécessaire au bon fonctionnement de ces propriétés miraculeuses.
lucky strike •••

there is no flag that is large enough to hide the shame of a man in cuffs you switched the signs then you closed our blinds you changed the channel then you changed our minds


Clarence Kendall est un homme de bien.
Et de bien des façons, Clarence Kendall n'est pas un homme : c'est un soldat de plomb. De la poigne de fer à la morale inoxydable - on l'a forgé dans le moule avec un million d'autres et c'est impeccablement conforme qu'il s'est fondu dans le rêve américain. Pétri de suffisance et d'idées préconçues, Clarence a pour opinion d'avoir une opinion sur tout et a fortiori ce dont il n'a jamais entendu parler ; plaqué d'or et d'argent soigneusement capitalisé. Ah, il est beau, Clarence ! On le croirait sorti tout droit d'un spot publicitaire, arraché brutalement aux pages centrales d'un magazine - il a toujours le mot qu'il faut, la cravate idéale, la conviction adéquate. Clarence ne fréquente pas les casinos, mais à la loterie de la vie, il a touché le jackpot ; la fortune, la maison, la femme, les deux enfants, le teckel nain, la voiture de sport ! Clarence ne connait aucun plaisir plus grand que celui d'étaler sa réussite, et de tous les excès, c'est celui qu'il s'est permis - Clarence est de ces gens qui ne perdent jamais. Victoria s'est invitée un bel après-midi dans cette partie gagnée d'avance : elle est influente et il est ambitieux. Clarence n'est pas un romantique - il ne tolère ses élégances que pour mieux s'enticher de son arbre généalogique. C'est qu'il a la main verte, Clarence ; il plante au plus tôt les germes du succès dans le ventre de sa bien-aimée. De cet investissement embryonnaire, il retire un superbe mariage et une kyrielle de numéros dans son répertoire - et Victoria qui l'aime, bien entendu ! Elle jouit de la chance inestimable d'être aussi belle qu'idiote. Heureux les simples d'esprit, dit-on ; au bras de son arriviste, Victoria est rayonnante d'une joie insolente et pathétique.

A vingt-cinq ans tout juste, Clarence Kendall est père.
Il berce entre ses bras le corps minuscule d'un potentiel.

***
- There is always inequality in life. Some men are killed in a war and some men are wounded and some men never leave the country. Life is unfair.

Il paraît que les chiens ne font pas des chats.
De l'union du soldat de plomb et de la poupée de cire est née une adorable marionette. Tu n'agis pas, tu subis - faute d'exister, tu subsistes, orbitant mollement autour de la résolution d'autrui. Ce n'est pas difficile, d'être toi ; on a inventé ton existence d'un bout à l'autre. Ne te reste qu'à suivre pas à pas la frise chronologique imaginaire : d'années en années et d'étapes en étapes.

Swan, tu t'appelles. Swan.
Mais ça n'a que peu d'importance - l'essentiel, c'est que tu es un Kendall.

***
souviens-toi que le temps est un joueur avide
qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
les vibrantes douleurs dans ton cœur plein d'effroi
se planteront bientôt comme dans une cible.

- C'est une très belle maison, monsieur Kendall.
- N'est-ce pas ? Elle appartenait au gouverneur.

Le visiteur s'empresse de porter la main à son chapeau ridicule, faute d'avoir un coeur dont il pourrait mimer l'exaltation. Ses lèvres forment un o soigneusement étudié - c'est tout juste s'il n'en laisse pas tomber son Havane sur le parquet poli du vestibule. On prétend que l'argent n'a pas d'odeur, et pourtant, l'ostensible parfum de son cigare cubain n'épargne les narines de personne ; de musc et de tabac, obsédant, entêté. On le défait de son vaste manteau, dévoilant une silhouette bedonnante - ses membres gras se tendent dans ta direction, semblables aux pinces d'un gigantesque scorpion.

- Et tu dois être Swan ! Quel âge as-tu, mon garçon ?
- Il vient de fêter ses onze ans.
- C'est qu'il est déjà grand !

Ton père pose deux doigts sur ton épaule, te sommant par ce geste de continuer à sourire et à te taire. C'est le mieux qu'il puisse t'accorder, deux doigts : un centimètre carré de peau de plus nuirait à votre virilité à tous les deux, il paraît. Tu te souviens de la dernière fois qu'il t'a pris dans ses bras - tu avais cinq ans. Il t'avait serré brièvement contre lui, gratifié de son regard le plus sérieux, et reposé sur le canapé sans plus de cérémonie. Il t'avait dit, maintenant, Swan, tu es un homme. Tu n'avais pas répondu ; enfant déjà, tu ne disais jamais rien que le strict nécessaire. Ton père parlait pour toi, ta mère parlait bien, ta soeur parlait trop. Dans cette surenchère linguistique, ta place à la maison était toute trouvée : tu serais silencieux.  

- J'ai cru comprendre que tu visais Yale, petit ?
- Oui. Sa mère et moi espérons de tout coeur qu'il sera admis aux préinscriptions. C'est un très bon élève, mais je dois reconnaître que je me fais du souci.
- J'ai toujours été en excellent terme avec les Mackenzie. Je pourrais te recommander, qu'en dis-tu ?

Absorbé par son boniment, le vieillard ventripotent n'a pas l'air de s'apercevoir qu'il se trompe d'interlocuteur - ou peut-être bien qu'il s'en fiche. Peut-être bien que toutes les voix lui conviennent, du moment qu'elles le confortent dans le sentiment de sa propre importance : grand-père t'a dit une fois que ton père avait atteint le sommet parce qu'il savait d'instinct quelles chevilles gonfler. Te voilà à présent témoin d'une démonstration de première qualité de ce talent pitoyablement fructueux - une rapide pression de l'index t'indique que, cette fois, c'est à ton tour d'exprimer ta gratitude. Tu réagis avec un temps de retard.

- J'en serais très honoré, monsieur.

Ta voix manque d'enthousiasme, mais l'obèse n'en a cure : ses épaisses paluches se referment sur tes mains d'enfant, y serrent tes maigres rêves d'avenir à les en broyer. Tu réprimes bravement une grimace.

***
home is people. not a place. if you go back there after the people are gone, then all you can see is what is not there any more.

- Allons, ne fais pas l'enfant. Tu vas retourner à Yale, et terminer ton semestre. Tu te prépares à entrer dans cette école depuis des années. C'est le plan.
- C'est ton plan, Père.
- Ne me parle pas sur ce ton. Tu crois que sous prétexte que ces imbéciles hippies t'ont endoctriné, tu es capable d'affronter la vie ? Tu n'as même pas dix-neuf ans. Tu n'es qu'un gamin, Swan. Allons. Si j'appelle le doyen, il acceptera certainement de te réintégrer. Maintenant sors. Je suis occupé.
- Je crois que tu ne m'as pas très bien compris. Je vais travailler à la maison blanche.
- Oh, voyez-vous ça. Et qu'est-ce qu'ils feraient d'un empoté comme toi, à la maison blanche ? Tu vas trier le courrier ? Cirer les chaussures ? Essuyer la vaisselle ? Ce n'est pas digne d'un Kendall. Maintenant arrête. Si ta mère t'entend proférer de telles sottises, elle en aura le coeur brisé.
- Peut-être bien que je n'ai plus envie d'être un Kendall.
- Assez. Je vais être clair. Si tu ne retournes pas à Yale, tu ne seras plus le bienvenu dans cette maison, ni en tant que mon fils qu'en tant que visiteur. Je ne fraye pas avec la vermine des démocrates. Maintenant, fais ton choix.
- Très bien.
- Hors de mon bureau.

***
From Dallas, Texas, the flash, apparently official: "President Kennedy died at 1 p.m. Central Standard Time 2 o'clock Eastern Standard Time, some 38 minutes ago. Vice President Johnson has left the hospital in Dallas, but we do not know to where he has proceeded; presumably he will be taking the oath of office shortly and become the 36th President of the United States. it is said that the human mind has a greater capacity for remembering the pleasant than the unpleasant. But today was a day that will live in memory and in grief. Only history can write the importance of this day: Were these dark days the harbingers of even blacker ones to come, or like the black before the dawn shall they lead to some still as yet indiscernible sunrise of understanding among men, that violent words, no matter what their origin or motivation, can lead only to violent deeds? This is the larger question that will be answered, in part, in the manner that a shaken civilization seeks the answers to the immediate question: Who, and most importantly what, was Lee Harvey Oswald? The world’s doubts must be put to rest. Tonight there will be few Americans who will go to bed without carrying with them the sense that somehow they have failed. If in the search of our conscience we find a new dedication to the American concepts that brook no political, sectional, religious or racial divisions, then maybe it may yet be possible to say that John Fitzgerald Kennedy did not die in vain. That’s the way it is, Monday, November 25, 1963. This is Walter Cronkite, good night.

***
There are so many fragile things, after all. People break so easily, and so do dreams and hearts.

C'est une fenêtre ouverte au sixième étage d'un immeuble semblable à tous les autres, un carré de lumière supplémentaire dans le paysage étincelant au nord du boulevard Charleston. Las Vegas ne dort jamais, tu l'as appris à tes dépends - la rue pulse de vie & de vices, du pitoyable délabrement d'une jeunesse dégénérée. Appuyé contre la balustrade, tu contemples sans la voir la valse infatigable des automobiles ; la cigarette tremble entre tes doigts inexpérimentés quand tu la portes à tes lèvres, prenant à témoin la cité toute entière.

Tu consumes une identité, la gorge écorchée par le tabac.

Demain, ça fera deux semaines - deux semaines qu'on t'a poliment remercié pour tes services et jeté à la porte de la maison blanche. Deux semaines que ton père ne s'abaisse à prendre tes appels que pour te resservir à toutes les sauces l'assassinat du président. Deux semaines que tu as réuni tes maigres économies et sauté dans le premier autocar qui quittait Washington. Les souvenirs du voyage se distillent dans l'atmosphère, échappés en autant de volutes de fumée ; roulé en boule sur ton siège, tu avais pleuré jusqu'à t'endormir. Tu avais pleuré pour Kennedy, d'abord, sa matière grise éclatée sur les pavés de Dallas et toutes les promesses qu'il ne serait jamais en mesure de tenir. Tu avais pleuré pour ta famille, après, pour ta mère qui il y a six mois encore te suppliait de revenir à la raison, de retourner à Yale, achever les études qui la rendraient enfin fière de son fils unique, pour ta soeur que tu ne verrais jamais grandir et pour le nom que tu avais déshonoré. Puis, avant de succomber enfin à la douce anesthésie des sentiments, tu avais pleuré pour toi - vingt et un ans et déjà sujet à l'auto-apitoiement chronique, voyez-vous ça ! Pauvre gosse, tu te dis. Tu l'as bien cherché.

C'était une adresse écrite à la va-vite dans la marge d'un livre que tu n'avais jamais terminé, et un nom, aussi, un nom qui avait résonné dans ta tête longtemps après qu'elle ait quitté la capitale avec le reste de la troupe. Jezabel, elle s'appelait ; Jezabel t'avait affirmé qu'elle percerait dans le milieu, et elle en semblait tellement convaincue que tu t'étais mis à y croire aussi - elle t'avait dit que le jour où tu en aurais assez de cirer les bottes des politiciens, tu pourrais toujours venir la retrouver, chez elle, à l'autre bout du pays. Et un an plus tard, tu avais effectivement sonné à sa porte, un bouquet de tulipes dans une main et tes effets personnels dans l'autre - deux semaines que t'es là, deux semaines.

Deux semaines que faute de jouer au fils de bonne naissance, tu te complais dans le rôle de l'amant exalté ; elle est là, souvent, elle te sourit, parfois, et elle est belle. Tout le temps. Ca n'tient qu'à ça quand on est bête et insouciant, qu'à un éclat de rire et deux ou trois nuits volées, qu'à l'immonde déliquescence des passions essentielles. De son palier à son lit et d'un coeur à l'autre ; ses lèvres peintes ont la saveur du whisky et de l'insolence, puis ce pli amer qui te ramène à la pénible réalité du quotidien qui désormais, sera aussi le tien. Deux semaines que tu fais tes adieux définitifs à l'avenir brillant qu'on t'avait fourré entre les mains comme un os dans la gueule d'un chien récalcitrant - certains soirs, t'en viens à t'demander si tu ferais pas mieux d'rentrer chez tes parents, de ramper sur le porche jusqu'à ce que ton humiliation entâche le prestige de la maisonnée toute entière, certains soirs, oui ; les pires.

C'est comme Tolstoï disait - le bonheur est une allégorie, le malheur est une histoire.
De tes mémoires mutiques, il ne restera rien.
nothing beside remains round the decay of that colossal wreck boundless and bare the lone and level sands stretch far away

Faute d'avoir la langue dans sa poche, Swan a le coeur sur la main. Swan, c'est le type qui va se précipiter au secours d'une vieille dame qui traverse la route ou d'un chaton abandonné sous la pluie - il a d'l'honneur, des principes, et de l'affection à revendre. Swan est insolent, maladroit, paradoxe ; il a l'orgueil du petit bourgeois et l'anxiété permanente du miséreux. Swan est de ces gens qui ne savent pas tricher mais s'y essaient systématiquement, de ceux qui fument avec insolence et qui ont le sourire contagieux. Swan veut tout voir, tout savoir, tout comprendre - il est romantique et cynique, en noir et blanc, positivement pessimiste. Swan, c'est ton nouveau meilleur ami. 
TAILLE - Moyenne ; cent-soixante-quatorze centimètres. Tout juste assez pour prendre de haut la plupart de tes semblables.

CORPULENCE - Gracile ; tu es mince et nerveux, ta triste imitation de musculature saillant sous l'épiderme.

CHEVEUX - Noisette ; soyeux et en bataille. Tu as perpétuellement l'air de sortir tout droit de ton lit - ou mieux encore, de celui de quelqu'un d'autre.

PEAU - Blanche ; tellement pâle qu'elle en paraît presque translucide. Tu marques si facilement qu'en l'absence des propriétés de l'Hydre, les ecchymoses mettent des semaines à disparaître.

YEUX - Clairs ; verts ou bleus, selon l'heure, la météo, et la phase de la lune. Terriblement lumineux - à en mourir.





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